Sans exťcuteurs pas de victimes

Qu'il y ait des musées du judéocide en Israël, le ”pays des victimes” et en Allemagne, le ”pays des exécuteurs”, ainsi qu'en Pologne où la plupart des Juifs ont été assassinés, c'est tout à fait compréhensible. Ce qui l'est nettement moins ce sont les dizaines de musées de l'holocauste, ainsi qu'un musée national, aux Etats-Unis, certainement quand on pense au peu d'attention apportée à l'exploitation et à l'extermination des indiens et des noirs dans ce pays.

Il est vrai que dans la société américaine les groupes de pression juifs ont bien plus d'influence que les indiens ou les noirs.

Ces dernières 25 années, le judéocide s’est transformé en Holocauste sur le mode américain. Ce concept religieux traduit bien la sacralisation du judéocide dans la mémoire collective. D’abord en Israël, ensuite aux Etats-Unis et à présent également en Europe. Alors qu ‘en Israël l’exploitation du judéocide amorce un certain repli, en Europe elle ne fait que commencer.

Chaque pays d’Europe occidentale ou presque compte aujourd’hui une loi contre le négation de l’holocauste. Dieu peut être nié mais pas l’Holocauste. Début cette année s’est tenue pour la deuxième fois en Grande-Bretagne laHolocaust Remembrance Day, et la Holocaust Exhibition compte déjà plus d’un demi million de visiteurs. La Flandre ne pouvait être en reste, elle aura bientôt son propre musée de l’holocauste.

Personne ou presque ne s’étonne de cette fixation sur l’holocauste : pas deGenocide Remembrance Day, pas de musée du génocide, pas de loi contre la négation des génocides. La mémoire collective est pétrie d’holocauste, la version américanisée, stéréotypée et sacralisée du judéocide.

En Europe, la commémoration de l’holocauste sert d’autres causes qu’en Israël, en Allemagne ou aux Etats-Unis. Ici l’Holocauste sert d’abord d’arme de propagande politique contre l’extrême droite. Compréhensible certes, mais pourquoi personne ne vérifie-t-il si cela fonctionne ? Tout compte fait il se pourrait qu’on ait l’effet inverse. En misant tout sur l’épouvantail du judéocide on ne fait rien ou presque pour réduire les inégalités socio-économiques qui sont à la base du succès de l’extrême droite. Les gens qui votent pour ou sont membres d’un parti d’extrême droite ne se reconnaissent pas dans l’image diabolisée qui est sensée les représenter. Indignation et rejet peuvent au contraire être à l’origine d’une nouvelle radicalisation et d’un accroissement du nombre de sympathisants.

Au niveau des causes, l’image stéréotypée du judéocide est également simplifiée à l’extrême. L’émergence et le succès d’un parti d’extrême droite virulent en Allemagne durant les années 1920-1930 n’est qu’un des facteurs qui ont finalement mené à la « solution finale ». D’autres facteurs trouvent leur origine dans le modernisme, l’industrialisation et l’urbanisation du 19ème siècle, la pensée du progrès, l’émergence et la percée d’une médecine moderne et l’eugénisme ; le nationalisme, l’antisémitisme idéologique, le racisme ainsi que l’attitude du monde face au Troisième Reich et « ses » Juifs.

Le futur musée de l’holocauste en Flandre souffre des mêmes maux. Patrick Dewael, ministre-président flamand à l’initiative de ce musée, et Bert Anciaux, ancien ministre de la culture du gouvernement flamand ont toujours souligné le lien avec l’extrême droite. Un musée flamand –et non belge ou wallon- la Wallonie n’ayant pas pour l’instant un ‘Vlaams Blok’ puissant. Dewael nie pourtant ce lien direct avec l’extrême droite. Il s’agit en effet d’une question délicate : utiliser de l’argent public pour noircir un peu plus un parti de l’opposition qui recueille beaucoup de suffrages.

L’idée du musée de l’holocauste est née de la combinaison de plusieurs facteurs (voir mon article ‘Museum en ideologie’, Knack, 7 août 2002). Une demande justifiée de plus de moyens et d’espace de la part du Musée juif de la déportation et de la résistance (MJDR) ; le désir tout aussi justifié de Patrick Dewael d’agir contre le Vlaams Blok ; l’affaire Sauwens ; l’accord au niveau européen, conclu début 2000 à Stockholm de contrer le succès croissant de l’extrême droite en ravivant la mémoire du judéocide.

Le MJDR et Patrick Dewael se sont très vite trouvés, le MJDR voyant enfin ses rêves les plus fous exaucés : créer et gérer un grand et important musée. Quant à Dewael, il a « flamandisé » et politisé cette idée et fait le lien entre un musée de l’holocauste et un musée de la lutte pour l’émancipation de la Flandre. Victimes et héros. Juifs et Flamands.

La préparation et l’élaboration du musée de l’holocauste sont restées coincées au point de départ. Le MJDR mène la barque, il est surreprésenté au sein du groupe de travail chargé de la préparation. L’arrêté du gouvernement flamand rédigé par ce groupe de travail stipule que ‘la collection, le personnel et le savoir faire ‘ du MJDR formeront ‘le noyau du nouveau musée qui sera élargi aussi bien du point de vue technique que du contenu’. Cela vaut également pour l'approche scientifique qui a déjà été définie de façon partielle selon le modéle du MJDR. Le musée développera les thèmes en tant que ‘cas belge de l’histoire de l’Holocauste’, c’est-à-dire comme au MJDR. Plusieurs historiens ont déclaré n’y voir aucune objection. Apparamment cela ne les dérange pas qu’ils s’occupent alors plus avec les conséquences (traque et déportation des Juifs de Belgique) que les causes (la genèse de la solution finale). Pas particulièrement efficace si on veut éviter la répétition. Ou alors ce n’est pas ça qu’on veut ? Peut-être pour cause d’ ’objectivité’ scientifique, si souvent mal comprise ? Mais passons, un joli pactole pour un projet historique, ça n’arrive pas tous les jours.

L’arrêté du gouvernement flamand concernant le musée s’est fait sans consultation d’historiens ou d’institutions spécialisés. Une gaffe monumentale, car il y a des choses à redire sur l’approche du MJDR.

Le MJDR présente une histoire-victime, concentrée sur les victimes juives etleurs interprétations, une histoire décontextualisée, sortie de son contexte plus large. Le visiteur critique reste avec la question de savoir comment on a pu en venir là. National-socialisme, antisémitisme racial, hygiène raciale, stérilisation forcée, programme d’euthanasie, extermination- tout cela a l’air de tomber du ciel. Pas un mot, pas une image sur l’origine et l’évolution de la pensée qui marqua la fin du 19ème et le début du 20ème siècles dans le monde civilisé. Le rêve de délivrer le monde de tous les maux, aboutissant à la ‘solution finale’, une solution définitive.

Les interprétations des victimes sont forcément déformées par leur statut de victimes. Tout est pratiquement expliqué à la lumière de l’issue fatale. Les exécuteurs sont diabolisés, l’intentionnalité des crimes est poussée à l’extrême, l’histoire est rendue manichéenne. L’accent est mis sur les conséquences, pas sur les causes.

L’empathie avec les victimes est des plus importantes pour la motivation politico-idéologique, pour vouloir éviter que cette horreur ne se reproduise. Mais pour être en mesure de l’éviter, il faut également regarder derrière et au-delà des actes de barbarie, il faut étudier leur genèse. Afin de reconnaître les moments où il était encore possible d’intervenir, il faut étudier la pensée, l’idéologie et le comportement des exécuteurs. Car sans exécuteurs pas de victimes.

L’approche du musée est déformée par cette perspective de victimes. La commission scientifique qui doit encore à cette heure (juillet 2002) être mise sur pied n’y changera sans doute pas grand chose. D’autant plus qu’auprès de beaucoup de Juifs le judéocide s’est transformé en ‘Holocauste’. La mémoire collective au service d’intérêts politiques contemporains a de plus en plus judaïsé la Deuxième guerre mondiale et mis tous les camps nazis sous le label d’Auschwitz.

Ainsi tous les camps auraient été dès le départ (1933) des camps de la mort, tous auraient eu des chambres à gaz. Les jeunes intellectuels savent ce qu’est l’étoile jaune, beaucoup connaissent le triangle rose, mais ignorent totalement le triangle rouge. Peu d’entre eux savent qu’il y avait surtout desnon-Juifs dans les camps de concentration, des prisonniers politiques, appelés triangles rouges, d’après le morceau de tissu cousu sur leur costume de prisonnier.

L’image stéréotypée de l’extermination des Juifs est omniprésente, pleine de simplifications, de démonisation, d’héroïsation et d’approximations, également au MJDR. L’historien qui tente de corriger ou de démythifier –une chambre à gaz qui n’a pas existé (à Buchenwald par exemple) ou un nombre exagéré de gazés- est considéré avec suspicion et souvent traité d’antisémite. L’image de l’holocauste déformée dans la mémoire collective est si dominante et exclusive, que la réalité historique en est devenue non crédible.


Gepubliceerd in Points Critiques, février 2003, p. 38-41.
Hieronder de oorspronkelijke tekst in het Nederlands 


Zonder daders geen slachtoffers

Dat er holocaustmusea zijn in Israël, het 'slachtofferland', en in Duitsland, het 'daderland', alsook in Polen, waar de meeste joden werden vermoord - dat is méér dan begrijpelijk. Maar de tientallen holocaustmusea in de Verenigde Staten, tot en met een nationaal museum, zijn dat heel wat minder, zeker voor wie bedenkt dat er weinig of geen aandacht gaat naar de eeuwenlange uitbuiting en uitroeiing van indianen en zwarten. Verklaarbaar is dat natuurlijk wel, in de Amerikaanse maatschappij hebben joodse drukkingsgroepen veel meer invloed en macht dan indiaanse of zwarte.

De judeocide werd in de voorbije vijfentwintig jaar tot Holocaust geamerikaniseerd. Dit in feite religieuze begrip geeft goed de sacralisering van de jodenmoord in de collectieve herinnering weer. Eerst in Israël, dan in de VS, nu ook in Europa. Nu in Israël de politieke exploitatie van de jodenuitroeiing over zijn hoogtepunt heen is, begint ze in Europa pas goed op dreef te komen.

Ondertussen heeft zowat elk West-Europees land een wet tegen holocaustontkenning. God mag ontkend worden, de Holocaust niet. Begin dit jaar werd in Groot-Brittannië voor de tweede keer de nationale Holocaust Remembrance Day gehouden en de nieuwe Holocaust Exhibition trok al meer dan een half miljoen bezoekers. Vlaanderen kon niet achterblijven, het krijgt zijn eigen holocaustmuseum.

Bijna niemand struikelt over de holocaustfixatie: geen Genocide Remembrance Day, geen genocide-museum, geen wet tegen ontkenning van genociden. De collectieve herinnering is doordrenkt van Holocaust, de geamerikaniseerde, gestereotypeerde en gesacraliseerde versie van de judeocide.

In Europa dient holocaustherdenking andere doelen dan in Israël, Duitsland of de VS. Hier te lande wordt de Holocaust voornamelijk gebruikt als politiek-propagandistisch slagwapen tegen extreem-rechts. Meer dan begrijpelijk, zeker, maar waarom gaat niemand na of het werkelijk iets uithaalt? Tenslotte is een averechts effect helemaal niet ondenkbaar. Doordat men betrouwt op het Holocaust-afschrikkingseffect doet men minder of niets aan de sociaal-economische wantoestanden waar extreem-rechts op teert. En mensen die lid zijn van, of stemmen op, een extreem-rechtse partij herkennen zich niet in het gedemoniseerde holocaust-schrikbeeld dat van hen wordt opgehangen. Verontwaardiging en afweer kunnen verdere radicalisering in de hand werken, nieuwe sympathisanten aantrekken.

Ook wat de oorzaken betreft is het stereotiepe beeld van de jodenmoord sterk gesimplificeerd. Opkomst en succes van een virulente extreem-rechtse partij in het Duitsland van de jaren twintig en dertig was maar een van de factoren die uiteindelijk tot de Endlösung hebben geleid. Andere factoren zijn het in de 19de eeuw begonnen modernisme, industrialisatie en urbanisatie, vooruitgangsdenken, opkomst en het succes van de moderne geneeskunde en eugenetica; het nationalisme, ideologisch antisemitisme, racisme, én de houding van de wereld tegenover het Derde Rijk en 'zijn' joden.

Het geplande Vlaams Holocaustmuseum is in voornoemd bedje ziek. Initiatiefnemer Patrick Dewael, de Vlaamse minister-president, en Bert Anciaux, gewezen Vlaams minister van Cultuur, hebben bij herhaling het verband met extreem-rechts benadrukt. Een Vlaams museum, geen Belgisch of Waals - Wallonië kampt momenteel niet met een sterk 'Waals Blok'. Bij directe confrontatie met het duidelijk verband met extreem-rechts, ontkent Dewael in alle toonaarden. Het is ook een heikele kwestie: overheidsgeld om een oppositiepartij, waar veel burgers voor kiezen, in een nog kwader daglicht te stellen.

De idee van het Vlaams holocaustmuseum is, zoals ik elders heb uiteengezet, uit een combinatie van factoren voortgekomen. De terechte wens van het Joods Museum van Deportatie en Verzet (JMDV) naar meer middelen en ruimte; de even terechte wens van Patrick Dewael om iets aan dat Vlaams Blok te doen; de zaak Sauwens; de Europese afspraak, begin 2000 in Stockholm, om in antwoord op het toenemend succes van extreem rechts de herinnering aan de Holocaust levendig te houden.

JMDV en Patrick Dewael vonden elkaar snel. Het JMDV zag zijn stoutste dromen in vervulling gaan: ze mogen een groot en spraakmakend museum inrichten en beheren. En Dewael, die vervlaamste en politiseerde het idee, koppelde het holocaustmuseum aan een museum over de Vlaamse ontvoogdingsstrijd. Martelaars en helden. Joden en Vlamingen.

Voorbereiding en uitwerking van het holocaustmuseum zijn in hun origine blijven steken. Het JMDV heeft de teugels in handen gekregen. Het is zwaar oververtegenwoordigd in de werkgroep belast met de voorbereiding. In het door die werkgroep opgestelde besluit van de Vlaamse Regering wordt bepaald dat de 'collectie, het personeel en de know-how' van het JMDV de 'kern zal (sic) vormen van het nieuwe museum' die 'zowel inhoudelijk als technisch' zal worden uitgebreid. Ook het te verrichten wetenschappelijk onderzoek werd al ten dele ingevuld, opnieuw op maat van het JMDV. Het museum zal "thematisch uitgewerkt worden als de 'Belgian case' in de geschiedenis van de Holocaust", opnieuw: zoals in het JMDV. Verscheidene historici hebben verklaard daar geen graten in te zien. Het deert hen kennelijk niet dat ze dan meer met gevolgen (vervolging en deportatie van joden in België) dan met oorzaken (wordingsgeschiedenis van de Endlösung) bezig zijn. Niet bepaald efficiënt als je herhaling voorkomen wil. Of wil men dat niet? Misschien vanuit de zo vaak verkeerd begrepen wetenschappelijke 'objectiviteit'? Maar goed, een smak overheidsgeld voor een geschiedkundig project - het gebeurt niet alle dagen.

Het besluit van de Vlaamse regering over het museum kwam er zonder raadpleging van gespecialiseerde historici of instellingen. Een blunder van formaat, want er valt nogal wat aan te merken op de aanpak van het JMDV.

Het JMDV brengt een slachtoffergeschiedenis, toegespitst op joodse slachtoffers en hùn interpretaties, een uit zijn brede  context gelichte geschiedenis. Kritische bezoekers blijven met de vraag zitten hoe het zo ver is kunnen komen. Nationaal-socialisme, raciaal anti-semitisme, rashygiëne, dwangsterilisatie, euthanasie-programma, uitroeiing - het komt allemaal uit de lucht gevallen. Geen woord of beeld over ontstaan en evolutie van dit ideeëngoed dat eind 19de, begin 20ste eeuw opgang maakte in de hele geciviliseerde wereld. De droom de wereld van alle kwalen te verlossen, uitmondend in de nachtmerrie die Endlösung heet, definitieve oplossing.

Interpretaties van slachtoffers worden onvermijdelijk vervormd door het slachtofferschap. Zo goed als alles wordt belicht vanuit de gruwelijke afloop. Mede daardoor worden daders gedemoniseerd, misdaden extreem geïntentionaliseerd, de geschiedenis gemanicheïseerd. De klemtoon ligt op gevolgen, niet op oorzaken. Er wordt geen of weinig aandacht besteed aan de wordingsgeschiedenis van daders en genocide.

Inleving in de slachtoffers is van immens belang voor de politiek-ideologische motivatie, het willen voorkomen van herhaling. Maar om tekunnen voorkomen moet er ook achter, voorbij de gruweldaden gekeken worden, moet hun wordingsgeschiedenis doorgrond worden. Om de momenten te onderkennen toen nog ingegrepen kon worden, moet het denken, de ideologie en het gedrag van de daders worden bestudeerd. Want zonder daders, geen slachtoffers.

De voor het museum uitgezette lijnen zijn door het slachtofferperspectief vervormd. De op dit moment (juli 2002) nog op te richten wetenschappelijke commissie zou daar wel eens bijzonder weinig aan kunnen veranderen. Ook al omdat bij veel historici de jodenmoord tot 'Holocaust' is verworden. In de vijzel van de collectieve herinnering, in dienst van hedendaagse politieke belangen, worden nazi-kampen en Tweede Wereldoorlog steeds verder verjoodst, in het gelid van Auschwitz geplaatst.

Alle kampen zouden van bij het begin (1933) dodenkampen geweest zijn, overal zou een gaskamer gefunctioneerd hebben. Jonge intellectuelen weten waar de gele ster voor staat, velen kunnen de roze driehoek thuisbrengen, maar de rode driehoek, dat zegt hen niets. Weinigen weten dat in de concentratiekampen voornamelijk niet-joden zaten, politieke gevangenen, rode driehoeken genoemd naar de lap stof op hun zebrapak.

Het stereotiepe beeld van de jodenuitroeiing is alomtegenwoordig, vol simplificaties, demonisering, heroïsering en fouten, ook in het JMDV. De historicus die een en ander recht probeert recht te zetten of te ontmythologiseren - een fictieve gaskamer (bijvoorbeeld in Buchenwald) of een overdreven aantal vergasten - wordt argwanend bekeken en niet zelden voor antisemiet versleten. Het in de collectieve herinnering ontspoorde holocaustbeeld heeft velen zozeer in zijn ban, dat de historische werkelijkheid ongeloofwaardig is geworden.